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Lire ci-dessous la préface de François Boulet :

Glossaire maritime

Rédigé d'après l'expérience

et après avoir consulté les meilleurs dictionnaires

Utilité d'un glossaire maritime

La recherche des mots justes, et le remplacement éventuel d'un mot par un autre plus adéquat, permettent de préciser les concepts que l'on évoque et de se faire vraiment comprendre.

Certains prétendent que le langage a été inventé par les premiers marins au long-cours : pour naviguer derrière l'horizon, ces téméraires avaient été obligés de nommer les objets qui disparaissaient à leur vue. Chaque mot devait avoir une signification unique et être compris par tous les membres de l'expédition.

Il en reste un vocabulaire maritime précis et complet.

Récemment, des terriens qui avaient parlé, avec des marins, des bateaux et des choses de la mer se sont laissé dire :
1) que l'on ne dit pas « corde » sur un bateau, sauf dans les expressions « corde de la cloche », « à cordes et à mâts » ou « bout de corde » ;
2)que les marins utilisent un nom unique et exclusif pour désigner chaque amarre, chaque manoeuvre, chaque élément du gréement, afin d'éviter les confusions.

Ayant eux-même décidé d'aller en mer, à la mesure de leurs moyens, ces terriens ont retenu le début de la leçon ; mais ils appellent « bouts » toutes les manoeuvres, toutes les amarres, tous les bouts de cordes, comme s'ils ne connaissaient pas les noms des cordages qu'ils ont sur leur bateau.

Au contraire d'aller dans le sens de ce qu'on avait essayé de leur faire comprendre, ils ont ajouté de la nébulosité en disant à tout propos « le bout » ou « un bout » ; parfois, on ne sait pas s'ils parlent du bout d'une manoeuvre, du bout d'une vergue, du bout d'une amarre, d'un bout de corde, d'un bout de bois, etc. Dans certaines circonstances, même sur un navire à moteur, cette pratique est périlleuse.

Quand quelqu'un parle ou écrit en français, avec des mots français, certains auditeurs ou lecteurs français ne connaissent pas ces mots avec assez de précision pour en apercevoir le sens complet : les mots ou les expressions sont alors des nébuleuses de sens ; en tout cas, du sens peut s'en être échappé.

L'apprentissage de la lecture par la méthode globale a orienté les jeunes lecteurs vers les jeux de devinettes et les a habitués à considérer les groupes de mots avant de connaître le sens des mots.

Puis, l'abandon quasi généralisé de l'étude approfondie du Latin et du Grec, au collège et au lycée, a fait perdre l'habitude de confronter l'idée que l'on se fait du sens des mots ou des expressions de la langue française à la réalité précise, unique et incontestable de ces langues définitivement figées.

Il peut y avoir une grande différence entre ce que veut dire ou écrire le destinateur et ce qui est compris par les destinataires ; c'est encore plus vrai pour les mots propres à une spécialité technique.

On peut réciter parfaitement ce qui a été lu ou écouté, et attribuer aux phrases des sens qu'elles n'avaient pas dans l'esprit de l'auteur ; d'une façon générale, on peut observer les erreurs suivantes :

- confusion « à la Bérurier » entre un mot et un paronyme français de sens totalement étranger ;

- invention d'une signification vraisemblable mais fausse pour un mot entendu dont on avait cru deviner le sens dans un contexte qui nous dépassait ;

- fausse image mentale attachée à un mot entendu mais dont on n'avait pas bien compris la signification dans le contexte de l'époque : une erreur qui peut aboutir à un contre-sens ;

- confusion entre un mot étranger, dont on ne connaît pas exactement le sens, lu dans un livre ou un article de journal et un « faux-ami » français d'une toute autre signification... « faux-ami » français dont on ne connaît peut-être pas beaucoup mieux la signification ;

- certains vulgarisateurs utilisent des alibis approximatifs et des expressions approchées pour faire admettre ce qu'ils veulent enseigner : ceux qui les ont écoutés ou lus vont ensuite associer des mots inappropriés à des concepts imprécis ;

- certains journalistes utilisent, parfois délibérément, des mots inexacts parce qu'ils supposent que leurs lecteurs ne connaissent pas les mots justes ; au lieu d'être informés, ceux-ci seront trompés et ils contribueront nécessairement à propager les erreurs ;

- des mots de la langue courante auxquels on attache de l'affection, de l'effroi ou d'autres sentiments peuvent se laisser envahir par des significations qui sont le contraire de ce qu'ils expriment.

Certaines images mentales se forment par une association astucieuse d'idées ou à la suite d'un rapprochement imprévisible d'idées ; résultant de logiques qui échappent au sens commun, elles créent de nouveaux concepts et seront peut-être à la base des plus belles créations poétiques ou scientifiques.

Mais en attendant, lorsqu'une suite de mots, derrière le bruit qu'ils font, évoque des représentations mentales différentes, certains peuvent entendre des faux sens, d'autres des contre-sens.